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Déporter le système de fichier vers iSCSI

Afin de « soulager » le support de stockage de type SD nous avons précédemment vu qu’il était possible de déplacer une partie du système vers un périphérique USB ou un partage réseau NFS.

A la différence du NFS, le NAS présente via iSCSI un espace de stockage de type « bloc », c’est à dire sans formatage. C’est au système qui utilise cet espace de stockage de le formater afin de l’utiliser. Ceci permet une plus grande compatibilité et des performances accrues sur certains type d’opérations de fichier.

Le protocole iSCSI présente aux machines clientes une Target (une « cible ») qui est rattachée à une LUN (espace de stockage brut virtuel). Une fois la configuration terminée cet espace de stockage est considéré de manière similaire à un disque local par le système d’exploitation. Le principal inconvénient est l’impossibilité d’avoir plusieurs clients pour un même espace de stockage, chaque système d’exploitation gérant ses lectures/écritures, contrairement aux protocoles de partage réseau plus classiques tel que samba ou NFS (où seul le serveur gère les lectures/écritures physiques).

Configurer iSCSI sur le NAS

Dans ma configuration je vais utiliser un Synology DS210+ (sous DSM 5.2). La procédure est cependant applicable (en l’adaptant) à toute machine pouvant proposer un service iSCSI (NAS d’une autre marque, serveur dédié sous distribution Linux…).

Dans le « Gestionnaire de stockage » du DSM, on va créer une nouvelle iSCSI Target.

Syno iSCSI 01

Syno iSCSI 02

Définir un nom pour cette « cible ». Il est possible de laisser l’IQN tel quel ou de le personnaliser en respectant la structure « iqn.aaaa-mm.domaine:appareil.ID« . Penser à noter cet IQN qui sera nécessaire pour la configuration sur le Raspberry.

Il est également possible de sécuriser l’accès par un nom/mot de passe en cochant la case « Activer CHAP » et en renseignant les champs correspondants.

Syno iSCSI 03

Valider via le bouton « Suivant ». On va maintenant créer une LUN rattachée à cette Target.

Syno iSCSI 04

Syno iSCSI 05

En fonction de la configuration de votre NAS il sera possible de choisir le type de LUN, dans un fichier ou directement sur un volume. Dans mon cas le NAS comporte seulement deux baies en RAID 1 et je ne dispose que d’un seul volume qui occupe l’ensemble de l’espace du RAID, il m’est seulement possible de créer une LUN via un fichier.

On configure alors cette LUN :

Syno iSCSI 06

Il est possible de lui donner un nom, de définir le volume sur lequel elle se trouvera (si vous disposez de plusieurs volumes), d’activer ou non le « Thin Provisioning » qui permet de montrer une capacité importante sur la cible sans que celle-ci ne soit réservée  physiquement sur le NAS, puis enfin la capacité de la LUN.

Syno iSCSI 07

Une dernière confirmation permet de valider l’ensemble des paramètres.

Syno iSCSI 08

Une notification du pare-feu peut apparaitre en vous demandant une autorisation de trafic sur les ports utilisés par iSCSI.

Syno iSCSI 09

La configuration iSCSI sur le NAS est terminée !

Syno iSCSI 10

Préparer la carte SD pour le Raspberry

On passe ensuite à la configuration sur le Raspberry. Le démarrage du système via iSCSI nécessite plus de fonctionnalités que via NFS. Pour éviter toutes manipulations compliquées (génération de « initramfs » et manipulation de kernel) nous allons utiliser un « gestionnaire de boot » nommé BerryBoot. Cet OS minimaliste (stocké sur la carte SD) se chargera de se connecter à notre stockage iSCSI pour démarrer le système principal. Conçu avant tout pour jongler entre différentes distributions sur sa Raspberry Pi, l’utilitaire BerryBoot permet également de simplifier la configuration sur des périphériques de stockage différents de la carte SD (périphériques USB, stockage iSCSI…).

Attention : Le kernel système étant partagé avec BerryBoot, toutes les distributions ne sont pas compatibles. Pas de panique, l’assistant de configuration ne propose que les distributions compatibles.

En fonction de votre version de Raspberry il vous faudra télécharger l’archive zip adaptée (Raspberry PI 0/1 ou 2/3) sur le site de BerryBoot. Une fois l’archive adaptée récupérée il vous suffit de copier le contenu de celle-ci à la racine d’une carte SD (ou µSD en fonction de votre modèle) préalablement formaté en FAT.

BerryBoot - SD RPi2/3

Démarrage du Raspberry

On connecte un clavier/souris USB, un écran en HDMI, un câble réseau puis l’alimentation électrique. Au premier lancement un assistant permet de réaliser la configuration.

Dans la première fenêtre de paramètres on peut :

  • Activer/désactiver l’overscan
  • Choisir le type de réseau (filaire/sans fil)
  • Configurer la sortie audio (HDMI/Jack/Auto)
  • Configurer les paramètres de langue (timezone, clavier)

BerryBoot - Conf 01

Il faut définir ensuite le type de stockage. Dans ma configuration on me propose de choisir entre le stockage de la carte SD ou un stockage iSCSI SAN. Il est également possible de définir le système de fichier (par défaut ext4).

BerryBoot - Conf 02

Des informations complémentaires sont nécessaires pour la configuration du stockage iSCSI.

BerryBoot - Conf 03

  • Initiator IQN : IQN du périphérique client (Initiator), ici Berryboot. Une valeur est proposé par défaut.
  • Target IQN : IQN de la cible, définie sur le NAS.
  • Server IP : Adresse IP du NAS
  • Username : Compte utilisateur définie lors de la configuration sur le NAS
  • Password : Mot de passe défini lors de la configuration sur le NAS

BerryBoot - Conf 04

Via le bouton « Network settings » il est possible de paramétrer le réseau si besoin. On peut ainsi définir une adresse IP fixe ou encore un serveur proxy en fonction des spécificités de votre réseau.

BerryBoot - Conf 05

Une fois l’étape de configuration iSCSI validée, si tout se passe bien Berryboot va formater l’espace de stockage vide.

BerryBoot - Conf 07

Une fois le formatage effectué il est alors possible de choisir entre différentes distributions compatibles avec Berryboot. A vous de choisir à votre convenance.

BerryBoot - Conf 08

La carte SD reste cependant nécessaire pour les prochains démarrage, de la même manière que pour la méthode NFS.

Les plus perspicaces auront remarqués que mon IQN contient « OSMC » qui fait référence à la distribution du même nom. En effet mon intention était d’installer OSMC sur le stockage iSCSI via Berryboot. Malheureusement celle-ci n’est actuellement pas compatible. Cependant leur utilitaire de préparation de carte SD propose une installation sur partage NFS automatique, ce que j’ai choisis à regrets.

A propos de l'auteur :

Manu

Jeune diplômé en informatique de l'eXia.CESI, et passionné par le monde informatique et ses applications dans la vie quotidienne. Chez moi sont hébergées deux RPi, l'une dédié multimédia, l'autre centre domotique. J'ai également conçu une solution de monitoring de chaufferie collective où notre chère carte fruité est le point central.


7 Comments

  • Répondre hbpatrick81 |

    Bonjour,
    Pourquoi au début de votre article partage réseau NFS est barré ? Est-ce que le déport du système n’est plus possible via NFS ?
    Merci

      • Répondre hbpatrick81 |

        Merci pour cette réponse.

        J’ai découvert votre site par hasard et je trouve que les articles sont très détaillés et compréhensibles. Merci

  • Répondre Diego |

    Bonjour dans le cadre de mes études je dois configurer un accès ISCSI et NFS à partir de mon raspberry sur mon NAS Western Digital. Lorsque vous parlez de formater l’espace de stockage vide il s’agit bien des 8Go alloué au partage ISCSI ou bien c’est le NAS dans son intégralité qui est formaté? Et est-ce que les 2 configurations (ISCSI et NFS) peuvent co-exister car je dois essayer les 2 et en faire la démonstration lors de mon examen dans 2 semaines.

    • Manu Répondre Manu |

      Bonjour,
      Effectivement quand je parle de formatage je parle de l’espace de stockage « brut » virtuel présenté par le NAS via le protocole iSCSI, qui sera formaté lors de l’installation d’une distribution via Berryboot. Le NAS étant un serveur a part entière possédant son propre système d’exploitation, son espace de stockage est déjà formaté en entier (l’espace non formaté ne serait pas exploitable par les services proposés par le NAS).
      Les deux configurations peuvent bien évidemment cohabiter mais ne permettront pas d’accéder à des données communes. Via NFS c’est un dossier partagé qui est rendu disponible au client Raspberry et qui pourrait être accessible par un autre client via NFS, Samba ou AFP, via iSCSI c’est un « disque virtuel » brut qui est uniquement lisible par un client unique iSCSI. iSCSI est comparable à un disque dur externe que l’on ne peux connecter qu’à un seul ordinateur à la fois et qui soit capable de lire le formatage utilisé.
      En espérant avoir répondu aux diverses interrogations.

  • Répondre Diego |

    Bonjour,
    Merci pour vos réponses, je dois vous avouer que mon professeur m’avait quelque peu laissé dans le flou avec ces consignes et que vous avez réussi à m’éclairer ^^ j’aurai encore une petite question, quand vous dite que via NFS c’est un dossier partagé qui est rendu disponible au client Raspberry et qui pourrait être accessible par un autre client via NFS, Samba ou AFP est-ce que du coup en configurant un accès NFS de mon raspberry vers mon NAS je peux ensuite partager le dossier « créé » dans mon raspberry à mon pc via Samba et donc accéder aux fichiers de mon NAS à partir de mon pc en connectant simplement un nouveau lecteur réseau (En gros faire un partage SAMBA vers mon NAS mais en passant par mon raspberry) ?
    Merci d’avance pour vos éclaircissements, j’avoue m’y connaître très très peu (et je pense que ça se remarque) mais tout cela m’intéresse énormément ^^

    • Manu Répondre Manu |

      C’est le serveur NAS qui héberge et partage les données contenues dans les différents dossiers. Dans le cas du tutoriel et de déporter les fichiers systèmes sur un partage NFS, les dossiers créés sur le système Raspberry vont effectivement être créés physiquement sur le NAS dans le dossier du partage NFS. Il est alors possible de configurer le NAS pour qu’il puisse partager le dossier du « système Raspberry » via NFS ou un autre protocole (SAMBA ou AFP) pour qu’il soit accessibles à d’autres clients réseaux. Par contre les NAS grands public ne permettent pas à ma connaissance de partager uniquement un sous dossier via un protocole différent que le dossier racine. C’est à dire que c’est l’ensemble du dossier système partagé en NFS qui sera également accessible via SAMBA.
      Cela permettra effectivement d’accéder aux données du Raspberry via un client Windows sans configuration sur le Raspberry ou même si le Raspberry est éteint, l’accès ne se faisant pas réellement « via le Raspberry ».

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